Téléphone au volant : amendes, retrait de points et exceptions autorisées en 2025

Un téléphone tenu en main pendant la conduite coûte 135 € et entraîne le retrait de 3 points sur le permis. La règle ne vise pas seulement l’appel : lire un message, changer de musique, consulter un itinéraire ou simplement manipuler l’appareil au feu rouge expose à la même contravention. En 2025, le cadre légal reste strict, avec une sanction qui peut aller jusqu’à la suspension administrative du permis lorsqu’une autre infraction est commise en même temps.
Ce qui est interdit avec un téléphone au volant
Le Code de la route interdit à tout conducteur de tenir un téléphone en main en circulation. L’interdiction concerne une voiture, un deux-roues motorisé, un véhicule utilitaire, un poids lourd ou encore un vélo. Elle s’applique dès lors que le véhicule circule, y compris à très faible allure.
Concrètement, ces situations sont interdites :
- téléphoner avec le mobile à la main ;
- écrire, lire ou consulter un SMS, un courriel ou une notification ;
- faire défiler une application, un réseau social ou une liste de contacts ;
- programmer ou modifier un itinéraire sur le téléphone pendant le trajet ;
- prendre une photo, filmer ou tenir l’appareil pour regarder une vidéo ;
- utiliser le mobile à l’arrêt à un feu rouge, dans un embouteillage, à un stop ou à un passage à niveau.
Le feu est rouge, mais le véhicule reste engagé dans la circulation : le téléphone ne doit donc pas être pris en main. Même logique lors d’un ralentissement. L’immobilisation momentanée ne transforme pas l’habitacle en espace où l’usage du téléphone redevient libre.
La règle ne suppose pas qu’un appel soit en cours. Un agent peut relever l’infraction si le conducteur tient et manipule son téléphone, même quelques secondes. Dans les faits, consulter un GPS à main levée est traité comme l’usage d’un téléphone au volant, même si aucune conversation n’a lieu.
Amende et retrait de points : la sanction applicable
L’usage d’un téléphone tenu en main constitue une contravention de quatrième classe. L’amende forfaitaire est fixée à 135 €, accompagnée d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire.
- Amende minorée : 90 € en cas de paiement rapide ;
- amende forfaitaire : 135 € ;
- amende majorée : 375 € en l’absence de paiement dans les délais ;
- retrait : 3 points ;
- amende maximale décidée par un juge : jusqu’à 750 €.
Pour un conducteur en période probatoire, la perte de 3 points peut peser lourd. Un permis crédité de 6 points tombe alors à la moitié de son capital. Si cette perte déclenche l’obligation de suivre un stage de sensibilisation, le coût global dépasse vite le montant de l’amende.
Le retrait de points intervient lorsque l’infraction est établie de manière définitive, après paiement de l’amende ou décision de justice. Il ne faut pas confondre cette mesure avec une suspension : pour le téléphone seul, le retrait immédiat du permis n’est pas la sanction normale.
Quand le téléphone peut entraîner une suspension du permis
Depuis 2020, l’usage d’un téléphone tenu en main peut conduire à la rétention puis à une suspension administrative du permis s’il est constaté en même temps qu’une autre infraction au Code de la route. Il ne s’agit donc pas d’une suspension automatique pour un simple appel, mais le risque existe dès que le contrôle révèle une conduite dangereuse associée.
Les infractions concernées comprennent notamment :
- le non-respect d’un stop, d’un feu rouge ou d’un cédez-le-passage ;
- le franchissement ou le chevauchement d’une ligne continue ;
- le non-respect des règles de dépassement ;
- le non-respect des vitesses maximales autorisées ;
- le non-respect de la priorité de passage accordée aux piétons ;
- le non-respect des distances de sécurité ;
- l’usage de voies réservées à certaines catégories de véhicules.
Le préfet peut prononcer une suspension pour une durée maximale de six mois. Le coût ne se limite alors plus à l’amende : déplacements alternatifs, éventuel stage et conséquences sur le contrat d’assurance peuvent alourdir nettement la facture. En cas d’accident responsable, il faut aussi anticiper la franchise et l’évolution de la cotisation ; les mécanismes sont détaillés dans notre guide sur la franchise d’assurance après un accident.
Bluetooth, kit mains libres et GPS : ce qui reste autorisé
Le téléphone peut rester dans l’habitacle. Le simple fait de le poser dans un vide-poche, sur le siège passager ou dans un support n’est pas interdit. Le problème commence avec sa prise en main ou avec un équipement audio prohibé.
Un système Bluetooth intégré au véhicule et la fonction mains libres diffusée par les haut-parleurs de bord sont autorisés. Un support de téléphone fixé de manière stable peut aussi être utilisé pour l’affichage de la navigation. Le conducteur doit toutefois préparer son trajet avant de repartir et éviter toute manipulation en roulant.
Le téléphone placé sur un support ne donne pas carte blanche. Taper une adresse, répondre à un message ou modifier une playlist détourne l’attention et peut caractériser un défaut de maîtrise du véhicule. L’article R. 412-6 impose au conducteur de rester constamment en état et en position d’exécuter sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent.
Les écouteurs, oreillettes et casques audio sont interdits lorsqu’ils sont portés à l’oreille pendant la conduite, y compris avec une connexion sans fil et même sur une seule oreille. Cette interdiction vise les dispositifs susceptibles d’émettre du son, à l’exception des appareils correcteurs de surdité. Le kit filaire fourni autrefois avec les téléphones n’est donc pas une solution légale.
Les rares cas où l’usage est toléré
La solution juridiquement sûre consiste à se garer dans un emplacement autorisé avant de prendre le téléphone en main. Il faut être réellement stationné, et non simplement arrêté sur la chaussée, sur une bande d’arrêt d’urgence ou dans une file de circulation. Couper le moteur ne suffit pas si le véhicule reste immobilisé dans des conditions assimilables à la circulation.
En cas d’urgence, la priorité reste la sécurité : se ranger dès que possible dans un lieu adapté, activer les feux de détresse si la situation le justifie, puis appeler les secours. Sur autoroute, une borne d’appel d’urgence ou l’application officielle dédiée permet de transmettre une localisation plus fiable qu’un appel passé depuis la voie de circulation. La bande d’arrêt d’urgence n’est pas un emplacement prévu pour consulter son téléphone ; elle est réservée aux nécessités absolues.
Les mains libres intégrés restent utiles pour répondre à une situation urgente sans tenir l’appareil. Ils ne dispensent pas pour autant de vigilance. Une conversation longue, stressante ou technique réduit la disponibilité mentale du conducteur, même lorsque l’équipement est conforme. Le plus sûr reste de reporter l’échange.
Téléphone au volant : les bons réflexes avant de démarrer
Un trajet sans téléphone se prépare en moins d’une minute. Programmez l’itinéraire à l’arrêt, placez le mobile dans un support fixe ou hors de portée, activez un mode de conduite silencieux et prévenez vos correspondants si le déplacement est long. Pour les appels indispensables, privilégiez un système audio intégré, sans oreillette, et écourtez la conversation.
La règle est simple : un téléphone en main pendant la circulation vaut 135 € et 3 points, sans qu’il soit nécessaire de prouver un appel. Un appareil posé dans l’habitacle ou relié au système mains libres du véhicule est admis, à condition de ne pas le manipuler en roulant. Cette distinction évite la sanction, mais elle préserve surtout le temps de réaction nécessaire face à un freinage, un piéton ou un changement de trajectoire imprévu.





